
Tout le monde a besoin de méditer
» La méditation est un moyen d’exercer l’esprit.
Et comme l’esprit est la source de toutes nos expériences, il est plus facile d’accueillir l’adversité avec un esprit bien entraîné.
Il y aura toujours des moments difficiles, mais,le plus important, c’est la manière dont nous y réagissons.
On dit souvent que la douleur est inévitable, mais que la souffrance reste optionnelle.
Nos émotions, positives ou négatives,ne sont ni plus ni moins que des états: notre esprit les traverse.
Ces états peuvent être provoqués par une situation extérieure, mais c’est bien au sein de notre esprit qu’a lieu notre réaction.
La méditation nous apprend à observer attentivement notre esprit, et tout ce qui s’y produit. Et à cultiver l’amour et la compassion.
Comme nous comprenons mieux comment fonctionne notre esprit, nous développons davantage de tolérance et de sagesse. Et tout cela renforce notre aptitude à tisser des liens les uns avec les autres.
De nombreuses personnes considèrent la méditation comme une méthode de relaxation, au même titre qu’un massage. D’autres croient qu’elle consiste à se « vider la tête « , à se défaire de la moindre pensée. Et,comme elles n’y parviennent pas, elles concluent que la méditation ne leur convient pas, car leur esprit est trop affairé.
Mais ces personnes ont mal compris ce qu’est la méditation. Effectivement, quand on pratique, il faut se concentrer, être pleinement présent.
Mais les pensées et les émotions qui surviennent ont leur raison d’être. Elle ne perturbé pas le processus: elles en font partie intégrante. Si vous constatez que votre esprit vagabonde, considérez cela comme une occasion de revenir à la méditation, avec amour. Chaque fois que vous faites cela, vous renforcez votre aptitude à méditer.
Les pensées et les distractions ne sont pas mauvaises, bien au contraire : elles constituent le carburant de l’exercice.
Si vous savez comment les gérer, elles contribue à votre évolution.
C’est la raison pour laquelle il est possible de tirer parti de l’adversité, car il s’agit d’une forme de résistance. Un peu comme dans une salle de gym : on n’y soulève pas des plumes! Si vous souhaitez vous muscler, vous aurez besoin de travailler avec de vrais poids.
Comment apprend-on à gérer l’adversité ?
Au début, il est utile de se concentrer sur quelque chose pendant qu’on médite. L’esprit est affamé, donc, donnez-lui de quoi se rassasier, autrement dit ce que l’on appelle un » objet » ou « un support » de méditation.
Par exemple, Concentrez-vous sur votre corps, sur votre respiration, ou sur l’un de vos 5 sens.
Tous ces supports partagent une caractéristique commune: vous pouvez y revenir Chaque fois que vous vous laissez distraire.
Si vos pensées vagabondent, vous pouvez par exemple ramener votre attention vers votre respiration, toujours avec bienveillance, sans émettre de jugement, positif ou négatif, sur vos pensées.
Devrions-nous embrasser nos problèmes au lieu de les fuir?
Cela semble excessif. Ce que je préconise, c’est d’observer attentivement notre douleur, de manière active et créative, grâce à la méditation. Et d’apprendre à modifier notre relation à la douleur,ce qui, dans certaines circonstances, peut aider à la surmonter. Il s’agit d’une forme d’acceptation dynamique, qui nous aide à développer notre force intérieure, et à être plus tolérants, à notre propre égard, comme à celui d’autrui.
A quoi ressemble cette forme d’acceptation dynamique ?
Les émotions précèdent le langage. Elles se manifestent dans notre corps. Lors d’une méditation, vous pouvez explorer ces manifestations. Par exemple, le chagrin peut générer une sorte de lourdeur dans la poitrine; la peur accélère le rythme cardiaque…
Il n’est pas toujours nécessaire de méditer assis …
En effet, il est judicieux d’intégrer la méditation à notre vie quotidienne de la pratiquer à tout moment, dès que nous en ressentons le besoin. Il suffit de ramener notre attention vers l’instant présent.: ici et maintenant. Ce sont des micromoments de pleine conscience, autrement dit des mini méditations.
Prenez conscience du sol sous vos pieds, du contact de votre corps avec votre chaise. Il s’agit d’une manière simple et agréable de vous exercer à l’acceptation, d’apprendre à être en paix avec ce qui est.
Vous lâchez prise sur votre besoin permanent de changer les choses.
La finalité est d’accueillir tout ce qui se présente sur votre chemin de vie, y compris les expériences douloureuses. C’est le seul moyen de trouver le bonheur.
La méditation n’est ni un passe-temps ni un petit plaisir de l’esprit. Il s’agit plutôt d’une manière révolutionnaire de transformer notre expérience de nous-mêmes et du monde qui nous entoure.
Si vous apprenez à vous satisfaire de ce qui est, vous n’avez plus besoin d’avoir peur des difficultés, vous savez que vous les surmonterez.
Vous développez ainsi vos capacités de résilience, vos forces. Vous gérez mieux l’adversité.
En méditant également lorsque vous souffrez, vous saisissez la complexité de la souffrance, et vous réalisez qu’elle n’épargne personne.
Vous éprouverez donc progressivement la nécessité d’être gentil.le, bienveillant.e, d’aider les autres. La tolérance, le lien aux autres: voilà ce qui permettra de remédier à nos maux personnels, et à ceux du monde. »
– Écrit par Liddie Austin d’après un échange avec Gelong Thubten, moine et auteur –
En savoir plus sur Priscilla Purgatorio
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.